Souvent nous tenons nos parents pour responsables de tous nos maux. Pourtant, par Amour ou par loyauté, nous rejouons leurs scénarios, fidèles à ce que nous leurs reprochons. Comme si trahir ces injonctions implicites menaçait notre place dans le clan.

Nous bâillonnons notre voix (voie) intérieure. Celle qui nous exhorte à faire autrement ; à faire ce que chuchote notre cœur.

Nous avons peur d’assumer cette rébellion, que, malgré tout, nous ressentons comme juste, voire nécessaire.
Nous avons trop besoin d’appartenir, d’être aimé, de ne pas décevoir ; pour prendre le risque d’être rejeté, pire exclu. L’appartenance au clan semble se payer par l’obéissance, alors nous n’osons pas braver l’interdit.

Nous hurlons en silence, oscillant entre colère étouffée et agressivité mal dirigée.

Pourtant, recontextualisée, replacée dans l’espace et le temps, notre saga familiale devient lisible. Elle nous offre des clés de compréhension. Ces clés qui ouvrent les portes de notre liberté à Être.

Rien de ce qui ne nous rend pas heureux n’est à reproduire. Rien.

Nos parents ont été des enfants soucieux de devenir ce qui était attendu d’eux. Devenus adultes, ils ont fait de leur mieux pour être de “bons” parents. Tantôt bienheureux, souvent mal aimants, quelque fois perdus, parfois maltraitants.

Des adultes loyaux, englués dans des héritages transgénérationnels et des loyautés invisibles dont ils n’osaient pas se défaire. Ils s’inscrivent, et nous avec eux, dans une chaîne d’histoires heureuses ou douloureuses, dont les conséquences se transmettent de génération en génération — jusqu’à ce qu’un descendant entende l’appel à l’évolution et y réponde.

Êtes-vous ce descendant ? Celui ou celle qui accepte de déplacer le regard que nous portons sur ce que nos parents nous montrent et nous disent, sur ce que nous reproduisons trop vite en le nommant “fatalité” ? Êtes-vous celui qui fissurera les murs de la prison, non par violence, mais par lucidité ?

Entendre la voix de la “rébellion” n’est pas trahir ces aïeux. C’est libérer en nous la part d’eux qui aspire à trouver la paix.

Ne pas reproduire, ce n’est pas renier : c’est ramener de la lumière, de la liberté, de la joie, là où sévissait la souffrance. Et la souffrance, lorsqu’elle est reconnue, cesse d’exiger. Elle accepte de muer. Elle consent enfin à être apaisement, pour devenir renouveau.

Alors, accordons à nos parents la bienveillance qui dénoue les malentendus. Laissons-nous guider vers ce qui est réellement attendu de nous : non pas la répétition, mais la transformation, la continuation vivante vers cet espace tranquille où l’amour n’a plus besoin de preuves, seulement d’authenticité.

Les épreuves nous font grandir, le lien d’Amour inconditionnel nous re-lie de génération en génération.

Nos parents, imparfaits, ont fait de leur mieux. Revenons à nous-m’aime, à notre Libre Arbitre, pour être les parents que nous nous donnerons les moyens d’Être.

Line LICAN – Sensyma