Notre culture fonde notre identité

Nous vivons notre « ici et maintenant » sur une parcelle de notre « Terre-mère ». Notre Histoire Ancestrale peut nous relier à des terres, voisines ou lointaines ; nous lier à une culture qui, souvent, a traversé les terres et les mers, avec nos ancêtres.

Si nous sommes héritiers d’histoires, faites de « racines » tranchées, décrypter notre saga familiale est comme plonger dans nos racines à la rencontre de notre identité. Une aventure qui peut nous désorienter, nous perturber, dans notre besoin d’ancrage et d’appartenance.

Les éléments qui caractérisent notre culture d’origine se transmettent de génération en génération ; des ancêtres à leurs descendants. Nous les portons en nous, dans nos cellules corporelles, à travers, notre code génétique, nos caractères physiques et notre façon de vivre.

Remonter le temps, sur plusieurs générations, nous donne les clés de compréhension de ce qui fonde notre identité : notre culture et notre histoire.

Le lien « culture – histoire » prend des formes variées :

  • Une histoire « uni culturelle », ancienne, transmise de génération en génération,
  • Une histoire « uni culturelle », vécue loin de la terre natale ; avec la possibilité ou non, d’une transmission libre, parcellaire ou contrariée,
  • Une histoire, devenue multiculturelle, au fil des générations, au gré des unions et des migrations ; une histoire source d’un métissage, dans lequel les héritiers ont du mal à se (re)connaître ; 
  • Une histoire d’acculturation qui, enfin dévoilée, donne tout son sens à un ressenti d’errance intérieure. 

Il arrive que des événements douloureux bouleversent notre Histoire généalogique : guerre, esclavage, génocide, déportation, exil, colonisation, migration…Revivre ces événements, dans le contexte politique historique et socio-économique de l’époque, permet de mieux appréhender les motivations qui ont conduit nos ancêtres à certains choix tels que le reniement, l’acculturation ou l’assimilation.

Pour beaucoup de nos ancêtres, le choix de renier sa culture et de ne pas la transmettre, a été source de souffrances : trahison, culpabilité, déloyauté, déracinement, perte de l’identité, voire perte du goût à la vie. Des souffrances non verbalisées, que les descendants ressentent comme un manque, un vide intérieur, une difficulté à trouver sa place ou la sensation de ne pas être à sa place.

S’aventurer dans l’histoire « secrète » et « tabou » de ses ancêtres, est l’une des clés de compréhension de nos conflits intérieurs, de nos attirances refreinées ou de nos désordres émotionnels. Car si nous sommes amputés des liens physiques et matériels (terre natale, culture d’origine) ; nous conservons les liens énergétiques (prédispositions, penchants, engagements,…)

Nous sommes souvent le fruit d’une histoire mouvementée qui cherche sa stabilité, comme un arbre qui aurait perdu le lien énergétique avec ses racines ; comme une Famille où personne ne trouve sa place.

Revisiter notre histoire familiale, c’est reconstituer la chaine des transmissions culturelles. Nous devons comprendre en quoi, ce qui fait aujourd’hui notre identité, est le résultat de transmissions respectées, dénaturées ou évoluées. Et c’est parce que nous sommes héritiers d’histoires, mais aussi artisans de notre propre histoire, que nous nous devons d’explorer le passé pour asseoir le présent et décider du futur.

Notre culture affirme notre appartenance

Nous sommes, tous, enfants d’une culture construite autour d’éléments destinés à structurer les rapports familiaux, sociaux et économiques. Toute culture est faite de codes et de règles. Toute culture transmet des valeurs, contenues dans ses traditions et ses coutumes ; transmises dans ses contes et légendes ; exprimées dans ses tenues vestimentaires, sa cuisine, ses danses et ses musiques.

Fruit d’une ou de plusieurs cultures, ce que nous sommes aujourd’hui est le contenu et l’expression de tout ce dont nous avons hérité du passé.

Quel que soit notre lieu de vie, notre appartenance culturelle nous caractérise et nous ancre. Elle constitue notre patrimoine, elle contient notre richesse, elle indique notre différence  et détermine notre singularité.

Notre culture est l’arbre dont les racines s’étalent et s’enfoncent pour nous ancrer dans l’espace et le temps.

Nous, enfants de cette culture et branches de l’arbre, devons conscientiser son impact dans la construction de notre identité.  Il est important d’intégrer mentalement et affectivement l’appartenance à sa culture. Un processus qui permet de se connaître, pour se reconnaître dans son environnement. Une acceptation qui éclaire certaines de nos difficultés à nous épanouir, à trouver notre équilibre et à établir des relations.

Une culture se préserve, se transmet, évolue

Une culture se transmet. Sans transmission, la culture s’appauvrit, le cadre s’effrite, les repères disparaissent. C’est le désordre mental, l’errance affective.

Une culture se doit d’être préservée et il en va de notre responsabilité de la faire vivre. Chaque culture ancre ses « enfants » dans l’espace et le temps.

Ce processus s’inscrit dans un cycle :

  • L’enfant se construit ; il apprend les éléments qui vont l’ancrer dans sa culture et asseoir sa confiance ;
  • L’adolescent construit son système de valeurs, il va donc adhérer, remettre en question, au mieux amorcer une proposition d’évolution des valeurs transmises ;
  • L’adulte agit et réalise ; son appartenance culturelle influe sur ses actions et ses choix de vie ;
  • Les « anciens » ont la sagesse de l’expérience ; ils transmettent « la culture » à l’identique et dans son évolution. Ils diffusent la sève ancestrale des racines aux jeunes branches ; ainsi circule « l’Histoire » des ancêtres aux enfants.

S’il est de notre devoir d’honorer ce qui nous a été transmis ; il nous appartient, aussi, de faire évoluer, ce qui doit l’être de nos codes, de nos principes et de nos de pratiques. Evoluer n’est pas abandonner sa culture ou se laisser imposer une autre culture. Evoluer c’est conserver son identité culturelle en faisant évoluer les pratiques vers une adaptation plus harmonieuse et plus adaptée à l’évolution du contexte

Nous portons en nous tous nos ancêtres. Nous sommes la continuité de leur histoire, de leurs combats et de leurs engagements. Nous sommes aussi une création qui puise son énergie dans sa capacité à utiliser la force ancestrale tout en s’adaptant au changement de son environnement.

Notre culture nous distingue et nous unit aux autres

Notre monde est riche d’une diversité de cultures. Si chaque culture exprime sa spécificité, les valeurs universelles de paix, de tolérance, de bienveillance, de respect de soi, de respect de l’autre, et surtout d’AMOUR sont prônées par toutes les cultures.

Notre appartenance culturelle nous identifie. Notre identité est inscrite dans nos gènes et nos cellules. Elle est « énergie ». Ne restons pas prisonniers de la seule « énergie destructrice », née d’événements passés, gorgée de souffrance, de colère et de rancœurs. Nous sommes aussi les héritiers de « l’énergie créatrice » de notre sève ancestrale. Emplie d’enseignements, riche de valeurs et de traditions, elle circule dans nos racines ; elle nourrit l’arbre « poto-mitan » jusqu’à ses branches.  Une sève ancestrale qui attend de ses plus jeunes branches qu’elles s’autorisent la liberté d’ÊTRE ; qu’elles assurent un lien harmonieux et équilibré à leur environnement.

Cette énergie nous avons à l’accueillir ; à la reconnaître, à la conscientiser dans chacune de nos pensées, de nos paroles et de nos actes. 

Nous sommes la continuité d’hommes et de femmes qui nous demandent de nous Reconnaître en nous (re)inscrivant dans nos cultures ; en restaurant le lien avec nos lignées ; en régénérant les racines tranchées ; en éclairant le passé afin de nous en libérer et ainsi… nous autoriser à écrire notre propre histoire.